Une orge semée à 1 100 mètres. Un whisky que vous ne trouverez pas ailleurs.
Titre — variante BQuatre ans entre le semis et votre verre. Voici ce qu’ils contiennent.
Onze Cents est le premier single malt de Camille et Théo Ferluc. Orge de leur ferme familiale, distillée à feu nu, élevée dans le Massif central. 46 %. 5 000 bouteilles.
D’où vient Onze Cents
L’idée est née en 2020, bloqués loin de la ferme pendant le confinement. Camille avait été sommelière à l’étranger ; Théo vendait du vin à l’export. Tous deux pensaient la même chose sans se l’être dit : qu’un grand whisky devrait, comme un grand vin, porter le goût de l’endroit d’où il vient. Onze Cents est ce qu’ils en ont fait, une fois rentrés.
Ce qu’une étiquette vous dit, et ce qu’elle vous cache
Savez-vous d’où venait l’orge de la dernière bouteille française que vous avez ouverte ?
« Whisky français » : deux mots qui vous garantissent peu de chose. L’orge peut venir d’une coopérative à six cents kilomètres, le distillat d’un prestataire, le vieillissement d’un chai dont on ne vous donnera pas l’adresse. Rien d’illégal — mais vous payez 65 € sans savoir ce que vous payez.
Onze Cents, vous pouvez la suivre du semis au bouchon pour savoir ce que vous buvez : là où nous n’avons pas tout fait nous-mêmes, vous saurez qui l’a fait.
Ce que vous saurez avant d’ouvrir la bouteille
L’orge. Deux variétés, que nous avons semées sur la ferme familiale à 1 100 mètres : la Lauréate au printemps, la Faro en hiver. Cinq hectares. L’origine du malt figure sur l’étiquette : la malterie nous rend chaque sac avec la sienne.
La distillation. Un alambic de 800 litres, chauffé à feu nu, que nous avons installé au printemps 2024. Avant lui, nos premiers brassins ont été distillés chez un confrère, en deux passes, dès 2021. Vous en boirez : autant que vous le sachiez.
L’élevage. Fûts de chêne français neufs, barriques de bourbon, de cognac, de sherry. Tous les trois mois, nous goûtons chaque fût : nous assemblons, nous déplaçons ce qui doit changer de bois.
Dans votre verre
La couleur. Or pâle, donné par le chêne.
Au nez, à l’ouverture. La céréale d’abord — orge chaude, pain qui sort du four — puis la réglisse et des fruits blancs : poire, pomme à couteau.
Dix minutes plus tard. Le fruit recule, le bois avance : vanille, une pointe de cire.
En bouche. L’attaque est ample et ronde, sans brûlure malgré les 46 %. La céréale tient le milieu, les épices ferment la marche — poivre blanc, gingembre sec.
La finale. Longue, sèche, épicée, sans sucre.
Avec de l’eau. Deux gouttes ouvrent la céréale et la réglisse ; au-delà, le nez disparaît.
Servez à température de la pièce, verre resserré vers le haut. Non tourbé, non filtré à froid, sans colorant.
Je la veux dans mon verre
Pas de compte d’âge, pas de tourbe, pas de finition spectaculaire. Les trois ans en fût que la loi impose pour porter le nom de whisky, cette cuvée les a faits ; un âge précis demanderait un suivi fiscal que la France n’organise pas encore pour le whisky. Ce que vous avez devant vous, c’est la base — l’orge, le cuivre, le chêne — avant que les variations viennent. 65 € la bouteille de 70 cl, 5 000 au total, une seule fois : ce qu’ont donné cinq hectares cette année-là. Au chai ou ici, tant qu’il y en a.
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P.S. — 65 €, un repas à deux au restaurant. Différence : une bouteille ouverte se garde des années, pas besoin de la finir le soir même.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.